Le bilan tiré par les 200 acteurs économiques et politiques ayant répondu à l’invitation du Comité économique et social de la Grande Région à l’issue de la conférence a été positif: Même en situation de crise, des opportunités se présentent pour les PME. Seuls ceux qui sauront faire preuve de détermination et qui oseront remettre en cause des procédures dépassées et prendre de nouveaux chemins pourront mettre à profit ces opportunités pour demain. En sa qualité d’hôte, le président du Comité économique et social, Norbert Geisen, s’est montré confiant : « En Grande Région, notre objectif commun est de permettre à nos entreprises et leurs employés de sortir renforcés de la crise. Il s’agit de sensibiliser les PME à reconnaître les chances qui s’offrent à elles pour développer leurs activités en temps de crise tout en considérant la Grande Région comme une opportunité de marché et non pas comme obstacle. »
Comment les entreprises peuvent-elles réussir à développer leur activité au-delà des frontières en dépit des entraves commerciales existantes en période de crise, fut l’une des questions évoquée en matinée dans le cadre de trois ateliers organisés.
Les petites et moyennes entreprises de la Grande Région sous-estiment souvent leurs atouts. Elles ne sont pas toujours disposées à procéder aux adaptations nécessaires, notamment en temps de crise économique, et manquent d’ouverture face à l’innovation et aux technologies nouvelles. Les entreprises de la Grande Région bénéficient d’un soutien actif pour optimiser leur performance en matière d’innovation par le biais de différentes offres d’aide et de conseil proposées par les chambres de commerce et des métiers, des réseaux de promotion de l’innovation et des associations.
L’investissement dans des processus d’entreprises innovants et dans les technologies nouvelles est tout aussi important pour le maintien de la compétitivité que l’investissement dans les ressources humaines. De nombreuses entreprises de la Grande Région connaissent une pénurie de main d’oeuvre et éprouvent des difficultés à s’implanter sur de nouveaux marchés internationaux. Dans le cadre d’un des ateliers, il a été montré comment les entreprises peuvent faire usage de façon ciblée et selon leurs besoins des offres et des financements existants en matière de formation, de recrutement et de placement permettant d’acquérir les compétences et les ressources humaines nécessaires afin de préparer et anticiper l’avenir.
Pour de nombreux entrepreneurs, développer leur activité au-delà de la frontière est encore synonyme d’obstacles à franchir. Pourtant, au cours des dernières années plusieurs obstacles administratifs ont pu être supprimés. En permettant aux entreprises allemandes de conclure une « assurance décennale » obligatoire en France pour des entreprises n’étant pas implantée en France, une assurance allemande aplanit considérablement les difficultés des sociétés allemandes. De même, dans le domaine du détachement des travailleurs, des progrès ont pu être réalisés en faveur des entreprises, comme par exemple grâce aux déclarations de détachement effectuées en ligne en Belgique ou la suppression de l’obligation de désigner un représentant ad hoc et le remplacement de la déclaration obligatoire auprès du Ministère des Classes Moyennes par une procédure d’inscription annuelle au Luxembourg.
Néanmoins, d’autres efforts restent à accomplir, notamment en matière de TVA. De nombreuses entreprises se plaignent de la lenteur des remboursements de TVA et des obstacles administratifs rencontrés lors de la demande d’attribution d’un numéro de TVA.
Les participants à la conférence ont plaidé en faveur de procédures moins bureaucratiques et mieux adaptées à la pratique ainsi que la mise en oeuvre de dispositions institutionnelles visant à éviter de générer ce type d’obstacles. Les responsables politiques de la Grande Région ont écouté attentivement les attentes et recommandations des PME. Les secrétaires d’État compétents de la Rhénanie-Palatinat, de la Sarre, et de la Wallonie ainsi que le vice Ministre-président de la communauté germanophone de Belgique ont présenté leurs analyses sur les principaux enjeux. Par ailleurs, le préfet de Lorraine, la vice-présidente du Conseil régional de Lorraine en charge des PME, le président du Conseil général de Moselle et le délégué aux questions transfrontalières du Conseil général de Meurthe-et-Moselle ont pris position sur la question de l’avenir des PME au sein de la Grande Région.
La crise financière fait tache d’huile et touche aussi la Grande Région, comme l’a souligné le secrétaire d’Etat du Ministère de l’Economie de la Rhénanie-Palatinat, Monsieur le Prof. Siegfried Englert : « De plus en plus les effets de la crise touchent aussi les fournisseurs de taille moyenne. » C’est ainsi que le Land de Rhénanie-Palatinat a rapidement pris des mesures de soutien, en priorité en direction des PME, poursuit-il.
De même, les autres régions composantes de la Grande Région ne sont pas restés inactifs : de nombreuses aides financières sont à la disposition des PME de la Grande Région : ces aides se présentent notamment sous forme d’investissement dans des mesures d’infrastructure, dans le domaine de l’efficience énergétique, de l’approvisionnement en énergie et de rénovation énergétique des bâtiments.
Les responsables politiques ont en outre souligné l’imbrication importante entre les différentes régions composantes de la Grande Région et la nécessité d’instaurer un dialogue régulier. Tel était le principal objectif de la conférence organisée par le Comité économique et social de la Grande Région (CESGR) sous le haut-patronage du Ministre luxembourgeois des Classes Moyennes, Fernand Boden. « Je suis très heureux que nous soyons parvenus pour la première fois à réunir autour d’une table les responsables politiques de toutes les composantes territoriales de la Grande Région en charge des PME afin de débattre les thèmes urgents auxquels les petites et moyennes entreprises de la Grande Région se voit confrontée. Le rôle des responsables politiques se situent au niveau de la mise en place des conditions-cadres permettant aux PME d’affirmer leur rôle en matière de création d'emploi et de la formation d’apprentis. Par ailleurs, il convient d’éliminer les distorsions existantes qui entravent le bon fonctionnement du marché en Grande Région. »
Ceci a également été souligné par le président du XIe Sommet de la Grande Région, Jean-Marie Halsdorf, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire du Grand-Duché de Luxembourg, qui a salué expressément l’initiative du Comité économique et social. Si les PME veulent rester le moteur de l’économie et de l’emploi au sein de la Grande Région, elles doivent être dotées des « conditions-cadres et des instruments nécessaires » a déclaré Jean-Marie Halsdorf.
Parallèlement, selon les responsables politiques présents, les banques ont également une part de responsabilité non négligeable à assumer. En effet, en adoptant une politique d’attribution des crédits moins restrictive, elles peuvent également apporter une contribution significative à la sécurité des emplois et à l’augmentation des investissements des entreprises.
Quel avenir pour les petites et moyennes entreprises en Grande Région ? Malgré une conjoncture économique plutôt morose, cette question a trouvé un écho positif le 2 avril 2009, à la Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg : les PME de la Grande Région ont toutes les chances de jouer un rôle majeur à l’avenir. Elles n’ont plus qu’à saisir les opportunités qui s’offrent à elles. Cela leur sera d’autant plus facile si les conditions-cadres définies par le niveau politique leur sont favorables. L’échange intensif de cette journée entre les représentants du monde politique et de l’économie a souligné l’importance, tout particulièrement en temps de crise, d’un dialogue régulier au niveau transfrontalier. Cette première réunion des responsables politiques compétents de toutes les composantes territoriales de la Grande Région à la Chambre des Métiers de Luxembourg a jeté les bases pour y parvenir.
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