C’est avec plaisir que nous vous présentons le rapport sur la situation économique et sociale de la Grande Région, élaboré par le Réseau des instituts spécialisés de l’Observatoire Interrégional du marché de l’emploi (OIE) pour le Comité économique et social de la Grande Région dans le cadre de la présidence sarroise du 12ème Sommet de la Grande Région. Réalisé dans une mise en page légèrement modifiée, il s’inscrit dans le prolongement des rapports des 10ème et 11ème Sommets, qui avaient été conçus par la même équipe de rédaction. Le rapport a pour principal objectif de présenter sous une forme synthétique les informations requises sur la situation socio-économique de la Grande Région, sa performance, les principaux problèmes auxquels elle se voit confrontée ainsi que les tendances d’évolution par rapport aux autres régions et au niveau européen. Donnant un aperçu global de la multitude de volets thématiques qui, en dehors de ce rapport, ne sont accessibles que de manière isolée, il constitue de par nature une analyse des problèmes basée sur des indicateurs statistiques et quantitatifs qui permettent de tirer des enseignements comparatifs entre les régions et, dans le prolongement du rapport précédent, d’identifier les évolutions au fil du temps. La quantité de données traitées sert notamment de source d’information pour une meilleure connaissance de l’espace de coopération européen le long de la Sarre, de la Moselle et de la Meuse. La diversité des volets thématiques montre que la Grande Région est bien plus qu’un espace économique commun. Grâce à la mobilité croissante des entreprises et des salariés, elle se transforme de plus en plus en un espace de vie commun caractérisé par des imbrications à la fois économiques et sociales.
Le rapport sur la situation socio-économique dans la Grande Région tire ses informations de l’actualisation des principaux indicateurs et enseignements. L’objectif consiste donc à établir un catalogue d’indicateurs permettant de fournir des informations basées sur des données sur les différents volets thématiques. Les données de base utilisées pour ce faire se fondent pour l’essentiel sur deux sources statistiques officielles : d’une part sur le travail précieux et indispensable des offices statistiques de la Grande Région qui mettent à disposition des données comparables au niveau interrégional dans le portail statistique commun et avec lesquels l’équipe de rédaction coopère depuis longtemps dans une atmosphère empreinte de confiance, d’autre part sur les données issues des statistiques régionales d’Eurostat. On citera en particulier l’Enquête sur les Forces de Travail (EFT) qui constitue à l’échelle européenne la principale source d’informations comparables sur les marchés régionaux du travail. L’EFT, conçue sous forme de sondage, se fonde sur des normes et des définitions de l’emploi, des chômeurs et des actifs inoccupés qui sont harmonisées au niveau de l’UE. A l’opposé des définitions et des concepts nationaux basés sur des dispositions réglementaires, ces normes et définitions sont présentées dans un système ajusté et harmonisé qui permet de faire des comparaisons internationales et transfrontalières. Le présent rapport du réseau des instituts de l’OIE est structuré pour l’essentiel comme son prédécesseur et actualise les principaux indices et enseignements. Par ailleurs, de nouveaux indicateurs ont été mis au point ou complétés afin de satisfaire aux informations requises en se basant sur les données disponibles.
Le rapport se décline en cinq grands volets thématiques : « région et population », « économie », « emploi et marché du travail », « formation » ainsi que « conditions de vie ». Il ne se limite pas à une analyse rétrospective ; on s’efforce de la même manière d’esquisser les futures évolutions. De nombreuses données ont été rassemblées et analysées. L’équipe chargée de la rédaction s’est efforcée d’obtenir des données récentes. Les analyses transfrontalières impliquent cependant de disposer de données comparables qui ne sont pas toujours disponibles et, si elles le sont, ne peuvent être fournies qu’avec un certain décalage dans le temps. Dans le cadre des rapports réguliers sur le marché de l’emploi dans la Grande Région réalisés au cours des dernières années, le réseau des instituts de l’OIE a acquis de nombreuses connaissances. Les évolutions jusqu’en 2009 ont généralement pu être prises en compte dans les analyses. Le rapport est donc le reflet d’une période marquée dans le monde entier par une profonde crise économique et financière. Apparue au cours de l’année 2008, cette évolution s’est confirmée durablement en 2009 et a fortement marqué de son empreinte la vie économique et sociale dans toutes les composantes régionales de la Grande Région. Bien que la crise ait fort heureusement encore perdu de son ampleur au moment de la publication du rapport et que des tendances sensiblement plus positives commencent à être perceptibles, il n’en reste pas moins qu’elle a mis des points faibles en évidence ; mais elle a également montré que l’utilisation novatrice d’instruments du marché de l’emploi et leur utilisation ciblée au niveau de l’entreprise peuvent dans certains cas fortement atténuer les répercussions de cette crise économique et financière mondiale sur le marché de l’emploi. L’équipe de rédaction s’est efforcée de faire apparaître ces évolutions, dans la mesure où cela s’avérait possible sur la base des données disponibles. Malgré des recherches minutieuses et des calculs complémentaires, il n’a pas toujours été possible de présenter des données comparables pour toutes les composantes de la Grande Région, la crise économique et financière posant des difficultés particulières également au niveau des statistiques.
Nous ne pouvons évidemment pas traiter dans un tel rapport tous les problèmes discutés en public et dans le monde politique. La présentation doit se concentrer sur les principales données de base et certaines évolutions dans les différents domaines. Des analyses plus approfondies sur des thèmes ou des problèmes sélectionnés ne peuvent être réalisées que dans le cadre d’études et d’analyses distinctes, comme le fait l’OIE avec succès depuis une dizaine d’années en rendant compte au Sommet de la Grande Région du volet central que représentent le marché de l’emploi et la mobilité transfrontalière des salariés.
Le rapport sur la situation socio-économique de la Grande Région vient donc compléter le rapport régulier de l’OIE sur la situation du marché de l’emploi. Quelques mots, pour finir, sur le dernier chapitre du rapport, consacré au vaste volet thématique des conditions de vie dans la Grande Région. Il s’agit là d’une partie du rapport qui ne se retrouve sous cette forme dans aucune autre analyse transfrontalière et qui montre clairement quelles sont les exigences du Comité économique et social de la Grande Région. L’amélioration des conditions de vie et la création d’un niveau de vie homogène en vue d’atteindre une plus grande cohésion sociale et territoriale constituent des objectifs prioritaires de la politique européenne, qui occupent également une place centrale dans la nouvelle stratégie « Europe 2020 ».
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